Appel à propositions : dossier sur l’histoire politique des États-Unis

Le Bulletin d’histoire politique appelle des propositions de textes pour un dossier spécial sur l’histoire politique des États-Unis. Ce champ se développe rapidement depuis quelques années – il fascine le public et les chercheurs, et l’actualité contribue à le renforcer. Nous constatons aussi le faible taux de publication historienne francophone sur les États-Unis. Nous voulons donc offrir une plate-forme à ces chercheurs et à leurs recherches.

Cet appel reprend – célèbre même – la définition diversifiée et inclusive de l’histoire politique que ces recherches, avec l’appui d’institutions comme le Bulletin d’histoire politique, lui ont donnée: histoire sociale et culturelle du politique; histoire des militants, mobilisations, et groupes de pression; genèse et modalités de l’agir politique des groupes et populations; enjeux environnementaux, sociaux et culturels des politiques publiques; rapports de pouvoir, exclusion et solidarité du point de vue de relations genrées, culturelles, sociales. La biographie politique elle-même est plus riche de ces apports.

Les propositions de textes sont attendues par les responsables du dossier d’ici lundi le 30 mai 2016. Les propositions devront préciser un titre, une problématique, l’approche du sujet privilégiée, la méthode employée, et la contribution anticipée à la connaissance historique.

Au mois de juin les responsables du dossier, en accord avec la rédaction du Bulletin, inviteront les auteurs retenus à soumettre leurs textes pour le début de 2017.

Les responsables du dossier spécial:

Godefroy Desrosiers-Lauzon, professeur associé au département d’histoire, Université du Québec à Montréal – desrosiers-lauzon.godefroy@uqam.ca
Greg Robinson, professeur au département d’histoire, Université du Québec à Montréal – robinson.greg@uqam.ca

Appel de textes : la représentation en Nouvelle-France

Dans une Nouvelle-France dont on avance souvent qu’elle offre des conditions « idéales » pour l’implantation de l’absolutisme, la représentation est une dynamique essentielle et encore méconnue de la vie politique. Si l’attention des historiens s’est d’abord concentrée sur les instances éphémères du XVIIe siècle, tels les syndics et les échevins (Lareau, Lanctôt), la dimension institutionnelle de la représentation suscite désormais moins d’intérêt que ses enjeux sous-jacents (Coates, Robichaud). Alors que, par le passé, certains ont vu dans ces instances un embryon de démocratie, il est maintenant reconnu que la représentation sous le régime français revêt un caractère ponctuel et consultatif et concerne surtout les principaux habitants (Blais). Point de jonction entre les sujets et l’administration monarchique, la représentation n’est pas pour autant réservée aux puissants, puisque des mécanismes d’interpellation des autorités comme la requête et l’humble remontrance sont accessibles aux gens du commun, ceux-ci ayant aussi fait valoir leurs intérêts lors d’assemblées autorisées par l’intendant et plus rarement lors d’agitations collectives. Dans une société politique qui embrasse la métropole et la Nouvelle-France, il convient de souligner le caractère transatlantique de la représentation : Versailles n’est jamais si loin qu’on ne puisse adresser un placet au roi ou au secrétaire d’État, ou faire le voyage pour mieux faire avancer ses intérêts.

Dirigé par Marie-Eve Ouellet, ce dossier thématique propose une vision plurielle de la représentation. On s’intéressera aux tribunes à la disposition de la population pour faire entendre ses revendications aux autorités coloniales et métropolitaines de même qu’ecclésiastiques, mais aussi aux actes permettant l’expression de ces revendications, par exemple la requête. Par la même occasion, on s’interrogera sur les individus et groupes qui mènent des représentations. Des études de cas permettraient ainsi de mieux connaître ces « porteurs de dossiers ». Les réseaux de clientèle sont une autre dimension importante de la représentation, dans un contexte où l’influence d’un individu dépend de sa capacité d’attirer et de conserver la faveur des autorités. Dans cette société d’Ancien régime où le pouvoir s’exprime par l’action de ses agents, mais aussi de manière symbolique, la représentation s’incarne également dans les rituels, les loisirs ou l’architecture, qui permettent d’affirmer sa position sociale et ses aspirations. Voilà des exemples de sujets que nous souhaitons aborder pour comprendre le rôle et les modalités de la représentation à l’époque coloniale.

Les chercheurs et chercheuses qui souhaitent rédiger un article scientifique dans le cadre de ce dossier sont invités à soumettre un projet d’environ 300 mots (titre, problématique et plan) à Marie-Eve Ouellet (Marie-Eve.Ouellet@uqtr.ca) avant le 1er avril 2016.

Les articles (max. 7 000 mots, incluant les notes) devront être soumis à la responsable du dossier avant le 1er septembre 2016.

La publication du dossier est prévue pour l’automne 2017.