Parution du volume 21, numéro 3

Le dernier Bulletin d’histoire politique (volume 21, numéro 3) est arrivé.

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APPEL À CONTRIBUTIONS – Enseignement de l’histoire : les pièces manquantes du débat

La polémique sur la réforme de l’enseignement de l’histoire s’enlise sans avoir suscité de réels échanges. Les horizons se sont-ils élargis, les positions assouplies? C’est plutôt l’inverse qui est vrai. Et le fond du débat s’opacifie de mois en mois.

Cet échec de la parole serait gênant pour des gens qui, de part et d’autre, croient à un échange public éclairé, et qu’éclairerait la pratique du passé. Les excommunications mutuelles n’y suffisent pas. C’est pourquoi le Bulletin d’histoire politique ouvre ses pages à un dossier qui revient aux inquiétudes premières de chacun, critiques ou promoteurs des programmes actuels et de leurs fondements pédagogiques.

D’un côté, des critiques de la réforme constatent que leurs remarques sur les contenus d’enseignement et l’identité nationale ont plus retenu l’attention que leur objection de fond aux socles pédagogiques et aux structures de l’histoire désormais proposée. Ainsi, plusieurs textes[1] remettant en cause l’approche par compétence, le découpage thématique du programme, l’enseignement conjoint de l’histoire et de l’éducation à la citoyenneté, ou le sens de la réforme dans les mutations plus vastes du dispositif scolaire, n’ont pas encore subi le test de la critique et méritent d’être mis à jour. Ces propositions correspondent-elles à la réalité de la réforme?

D’un autre côté, des partisans de la réforme se sont inquiétés de ne voir dans les critiques qu’une charge de nationalistes conservateurs. Cette perception a contraint des répliques passionnées, qui cèdent peu de place à une explication fine des particularités de la réforme. En attirant l’attention sur des inquiétudes plus proprement pédagogiques, le Bulletin ouvre la porte à des précisions apaisées sur l’apport concret de programmes censés renouveler les liens entre étude du passé, habiletés cognitives et formation citoyenne[2]. Ces liens étant anciens, tout comme la discussion historienne et pédagogique à leur sujet, qu’y apporte exactement la réforme? Quels sont les points forts de la réforme? En quoi sa contribution est-elle sujette à discussion, experte ou publique? Quelles réponses ses promoteurs apportent-ils à la critique?

Les questions posées, on le voit, se veulent plutôt empiriques. Dans un débat qui n’a pas manqué d’amples proclamations, la polémique a souvent ciblé les déclarations d’intention qui ornent les programmes et manifestes, plus que leur contenu précis. Pour l’heure, trois tâches concrètes semblent susceptibles de mieux renouveler le débat :

  • dresser un bilan des discussions qui rende compte de la variété des postures développées de part et d’autre de la clôture;
  • remettre des pendules à l’heure, en esquissant des réponses aux questions négligées et en laissant voir une réalité qui échappe aux caricatures;
  • rappeler les contextes essentiels pour comprendre la réforme et ses accueils: quelle influence attribuer au politique, au champ scientifique, aux mutations de la société?

Le dossier est ouvert aux contributeurs de tous les milieux et disciplines. Les textes, d’une longueur maximale de 4000 mots (notes incluses), seront soumis à un comité d’évaluation et peuvent être transmis par voie électronique à : prudhomme[POINT]julien[AROBAS]uqam[POINT]ca avant le 15 août 2013. Les auteurs sont invités à consulter les directives suivantes: http://www.bulletinhistoirepolitique.org/le-bulletin/directives/.

Julien Prud’homme, professeur associé
Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie
Université du Québec à Montréal
Téléphone: 514-987-3000, p.6585
Courriel: prudhomme[POINT]julien[AROBAS]uqam[POINT]ca


[1]. D’auteurs variés comme Normand Baillargeon, Gérard Boutin, Hélène Charron, Gilles Gagné, Louise Julien, Julien Prud’homme ou Michel Seymour.

[2]. Comme y invitent des textes de Marc-André Éthier, David Lefrançois, Robert Martineau ou Sabrina Moisan.

Appel de textes : le militantisme environnemental au Québec

Partout en Occident, les années 1960 et 1970 voient l’émergence de nombreux mouvements sociaux et groupes de pression. Parallèlement aux transformations de la culture politique canadienne et québécoise, ces derniers permettent une importante prise de parole citoyenne à travers le pays. Dans ce contexte, les groupes environnementalistes et écologistes interviennent dans l’espace public et médiatique sur de nombreux dossiers « chauds » : pollution de l’eau, pollution atmosphérique, destruction des écosystèmes, construction de barrages hydroélectriques, énergie nucléaire (Babin), etc. Ce faisant, ils tentent de sensibiliser leurs concitoyens aux problèmes environnementaux et de transformer leurs habitudes de vie. En faisant la promotion d’une plus grande autonomie, d’une volonté d’auto-contrôle à la base (Maheu), ou encore en intervenant directement dans les commissions parlementaires et processus d’audiences publiques balisés par l’État, ces groupes investissent également le champ politique afin d’assurer la protection de l’environnement et de préconiser de nouvelles valeurs (Babin, Vaillancourt).

Longtemps négligés par l’historiographie, ces liens entre le contexte de militantisme social et politique des années 1960 et 1970 et le mouvement environnemental attirent de plus en plus le regard des historiens canadiens (Coates, O’Connor, Clifford). Ces historiens soulignent comment l’émergence d’un mouvement combinant préoccupations écologiques et militantisme a bouleversé les rapports déjà existants entre la société et l’environnement et a permis de jeter un nouvel éclairage sur une réalité souvent absente de l’historiographie québécoise, à savoir que l’environnement est un enjeu de pouvoir et de luttes sociales (Robert). Dès lors, la relation complexe entre l’État, la société et l’environnement apparaît comme une construction sociale influencée par les époques et les groupes sociaux et qui, à ce titre, mérite d’être historicisée.

Dirigé par Valérie Poirier (UQAM) et Stéphane Savard (UQAM et CIRST), ce dossier thématique du Bulletin d’histoire politique (BHP) a comme objectif général le défrichement de l’histoire du militantisme environnemental au Québec. D’une manière non exhaustive, le dossier cherche à documenter et analyser les thèmes, questionnements et sujets suivants :

  • Examiner la façon dont certains changements technologiques à grande échelle ou la réalisation de grands projets qui entraînaient la reconfiguration, voire la destruction de l’environnement, ont été contestés par la population locale et les associations environnementales.
  • Réfléchir à la manière dont certains citoyens ont remis en question la définition unilatérale des rapports à la nature et ont voulu participer aux décisions qui affectaient leur environnement.
  • Analyser les interventions d’un groupe en particulier en matière d’environnement.
  • Retracer l’histoire du militantisme à travers l’étude d’une préoccupation environnementale (pollution de l’air, pollution de l’eau, conservation, enjeux énergétiques, gestion des ressources, produits chimiques, etc.)

Les chercheurs qui souhaitent rédiger un article scientifique dans le cadre de ce dossier thématique sont d’abord invités à soumettre un projet de quelques lignes (titre de l’article, problématique et plan) à Valérie Poirier (valerie[POINT]poirier1[AROBAS]gmail[POINT]com) et à Stéphane Savard
(savard[POINT]stephane[AROBAS]uqam[POINT]ca) avant le 1er avril 2013.

Les articles (d’une longueur maximale de 7 000 mots, incluant les notes) devront être soumis aux responsables du dossier avant le 1er septembre 2013.

La publication du dossier est prévue pour l’automne 2014.