Historiographie politique récente des États-Unis

Jacques Portes
Professeur d’histoire de l’Amérique du Nord
Université Paris 8

Il y a une dizaine d’années le constat que je faisais sur l’histoire politique américaine était très pessimiste[1]. Les références remontaient aux années 1950 et 1960 autour des grands noms d’Arthur Schlesinger, C. Van Woodward, Richard Hofstader issus de la l’école progressiste[2] et les biographies présidentielles s’alignaient régulièrement sans jamais sortir de la chronique; ni en 1982, dans un une livraison spéciale de Reviews in American History, ni en 1992, dans The New American History[3], ne figure d’étude spécifique sur l’état de l’histoire politique, celle-ci étant atomisée aux quatre coins des autres chapitres. À en croire certaines remarques, l’histoire politique serait devenue plus ou moins «ringarde»; Michael Kammen suggérant même que dans ses développements méthodologiques, elle n’est que le sous-produit d’autres domaines de l’histoire, «no longer the focal point for historical scholarship». Ce constat de 1981 est confirmé dix ans plus tard quand Eric Foner justifie l’absence d’un chapitre politique dans le volume d’historiographie qu’il édite par le traditionalisme qui a marqué longtemps ce domaine.

Ces volumes étaient centrés sur l’histoire sociale et culturelle. Le renouveau historiographique ne résidait plus dans l’histoire politique, qui était en déclin, devenue dépendante de celle des femmes, des travailleurs et des Africains-Américains, mais aussi de l’histoire urbaine. Ce déclin intellectuel n’empêchait pourtant pas les études traditionnelles de se poursuivre avec souvent un grand succès populaire, comme celles de Stephen Ambrose sur la Seconde Guerre mondiale, et bien d’autres sujets[4], ou l’interminable biographie de Lyndon B. Johnson de Robert Caro[5], dont les explications s’apparentent au déterminisme familial et héréditaire d’un Émile Zola dans les Rougon-Macquard.

Or dans la dernière décennie, l’histoire politique a trouvé son second souffle: elle attire des jeunes diplômés, elle est servie par de nombreux postes dans les meilleures universités et ne fait plus figure de parent pauvre. Les pages qui suivent expliqueront la raison de ce récent renouveau, dû à une évolution interne et à l’émergence de nouvelles problématiques, inspirées sans doute par l’histoire sociale mais adaptées et transformées.

Un lent renouveau interne

Durant cette phase de déclin méthodologique, des historiens du politique ont pourtant tenté de renouveler leur discipline en s’inspirant des méthodes du droit et de la science politique, afin de se donner une base scientifique indiscutable.

Durant les années 1960, la théorie du réalignement qui avait déterminé quelles élections ont été réellement décisives, en réinsérant le suffrage au centre des préoccupations, avait atteint ses limites, car le procédé avait quelque chose de mécanique et ne s’appliquait pas au-delà du XIXe siècle. La New Political History s’est affirmée plus ambitieuse autour de W. D. Burnham et l’ouvrage de Lee Benson, Concept of Jacksonian Democracy (1961) a une influence considérable. Lee Benson a initié une génération d’historiens brillants: Allan Bogue, Ronald Formisano, Samuel Hays, Michael Holt, Paul Kleppner ou Joel Silbey, qui ont travaillé dans ce sens jusque dans les années 1990. L’auteur se voulait en rupture avec l’historiographie traditionnelle sur la période, reprochant à ses devanciers, tel Arthur Schlesinger, d’avoir seulement fait une narration à partir du discours des hommes politiques, en se fiant au déterminisme économique issu de la vulgate progressiste, sans se pencher sur le rôle exact des citoyens, sans avoir recours aux méthodes rigoureuses des sciences politiques.

This would be not only a more precise and accurate history, but a new kind of history. And it would serve a higher function: it would build upon historical knowledge to discover and verify general laws of human behavior.

En fait, l’ouvrage est plus traditionnel qu’il le prétend et n’atteint pas son but, s’il innove sur deux points principaux. L’un correspond à la destruction menée de main de maître de la vision traditionnelle de la démocratie jacksonienne comme un conflit de classes; l’auteur prouve que démocrates et whigs sont issus, à New York, du même milieu, les premiers ne représentent nullement le progrès et l’égalitarisme. En revanche, l’ensemble de la classe politique adopte une rhétorique anti-aristocrate et dissimule ainsi ses véritables convictions. Cette nouvelle interprétation n’a plus été remise en cause. L’autre provient d’une analyse des raisons qui portent les électeurs à voter. Alors que l’historiographie traditionnelle centre la campagne présidentielle de 1844 sur la question du Texas et sur le conflit avec le Mexique, Benson démontre que les électeurs de New York ont voté de façon similaire de 1832 à 1848. Comme ses propres recherches et celles des historiens du consensus nient l’existence d’affrontements de classes, fondées sur des raisons socio-économiques, il en arrive à penser que d’autres raisons expliquent le comportement des électeurs: «that at least since the 1820’s, when manhood suffrage became widespread, ethnic and religious differences have tended to be relatively the most important sources of political differences»[6].

Cette phrase est la base de l’explication «ethno-culturelle» qui a profondément marqué l’historiographie politique; il était soudain clair que les Irlandais votaient démocrates parce que catholiques quel que soit leur lieu de résidence ou leur profession, que la question de la tempérance, à elle seule, provoquait des clivages particuliers. Sur ces thèmes, Benson affirme plus qu’il ne prouve avec précision, mais le succès de son interprétation est foudroyant. Dès lors dans le cadre d’un État ou d’une région, les auteurs ultérieurs veulent tester la validité de l’hypothèse.

Pour un Paul Kleppner, le système de partis de la première moitié du XIXe siècle a disparu non en raison de l’esclavage et du vote de la loi Kansas-Nebraska de 1854, mais en fonction de la montée d’une culture Yankee hostile au Sud et de la vigueur des opinions anti-catholiques et tempérantes.

Il a été rejoint par des historiens comme Joel Silbey et, de façon un peu plus complexe, par Ronald Formisano dans son étude sur le Massachusetts[7]. Ce dernier y démontre comment les partis se structurent localement avant de le faire nationalement, en devenant des organisations permanentes, avec une propagande sur des valeurs quasi-religieuses; l’électorat se répartit en fonction des situations complexes engendrées par l’appartenance ethnique et religieuse et la localisation centrale ou périphérique de leur habitat; en même temps, il n’ignore pas les effets des grandes transformations économiques de la période, sans leur donner une importance décisive.

De telles études ont provoqué de nombreuses réactions. Les uns discutant la validité des échantillons d’électeurs et des méthodes pas aussi rigoureuses que leurs auteurs le prétendent[8]. D’autres, choisissant les méthodes et les archives traditionnelles pour prouver que les élites fixent les choix politiques et que les électeurs les suivent plus qu’ils ne se répartissent en fonction de leurs origines. Stephen E. Maizlish ou Dale Baum ont étudié le premier l’Ohio, le second le Massachusetts[9]; ils réintroduisent l’importance de l’esclavage et minorent celle des Know-Nothing ou des questions relatives à la tempérance et au rejet des immigrants, essentiels pour les premiers. La chronologie de la fin du deuxième système de partis est également discutée. Pour une période ultérieure, celle si complexe du Progressisme, Richard McCormick en se basant sur des données statistiques construit une histoire traditionnelle, mais riche et nuancée de la coalescence progressiste au sein du parti républicain de l’État de New York, puis quelques années plus tard de l’ensemble du mouvement, dans laquelle il s’inquiète de l’excessive attention portée aux comportements des seuls électeurs et pas à la définition des politiques[10].

L’histoire de l’organisation politique et administrative de l’État et des États a été une autre piste suivie pour sortir des étroites synthèses présidentielles comme des sèches études d’électeurs. L’histoire des structures politiques permanentes a été une piste très riche, pour déceler la spécificité de l’état américain avec ses ministères, ses agences fédérales, ses structures politiques locales qui ont une semi permanence, indépendamment des élections. Des historiens comme Morton Keller, Robert Wiebe ou Louis Galambos se sont intéressés à la bureaucratie, aux experts qui préparent les décisions politiques et ils en concluent que l’histoire américaine n’est pas menée par le conflit entre le conservatisme et la gauche («liberalism» en anglais), mais par une recherche toujours plus grande d’efficacité nationale contre l’archaïsme du localisme, sans accorder beaucoup d’importance aux grands hommes. Ces travaux fonctionnalistes sont bien adaptés à la période du New Deal et des années suivantes: étude du cheminement du Welfare ou de l’éducation qui se penchent aussi sur la façon dont les citoyens bénéficient de ses réformes et pas seulement sur leur conception. En 1982, Stephen Skowronek[11] va plus loin en montrant que l’état américain est passé par plusieurs phases durant lesquelles les tribunaux et les partis ont joué le rôle central avant que les appareils d’état ne les intègrent. À sa suite, dans les années 1980, des monographies ont étudié le monde syndical et le domaine de la régulation sociale pour comprendre en quoi les États-Unis se distinguaient des autres pays développés: une des plus importantes est celle de Theda Skocpol qui a montré comment le système des pensions des anciens combattants de la guerre de Sécession a joué un rôle de protection sociale, mais que la corruption qui l’a entouré a interdit le New Deal de s’en inspirer[12]. Ces approches initiales ont été complétées par de multiples études de cas et parmi ces dernières celle de la décision politique, en tenant compte de tous les paramètres et de tous les échelons comme l’a fait, parmi d’autres, Greg Robinson[13].

Ces développements ont enrichi et renouvelé l’histoire politique, sans toutefois répondre aux critiques des représentants de l’histoire sociale qui affirmaient que ces historiens positivistes, enfermés dans leurs statistiques et leurs archives gouvernementales, ne se souciaient finalement que des élites, politiciennes ou administratives et ignoraient la richesse du peuple américain à la base.

L’apport extérieur de l’histoire sociale

Le développement des concepts de classe, genre et race propres à l’histoire sociale, mais aussi celui de culture venu des études philosophiques ont donné un nouveau visage à l’histoire politique. Des ouvrages importants montrent toutefois que la greffe ne prend pas facilement. D’un côté en 1990, Lizabeth Cohen, dans son remarquable travail développe une analyse très fine de la société et de la culture des habitants de Chicago, sans accorder de réelle importance à la machine politique qui règne sur la ville[14]; de l’autre, Eric Foner bâtit une extraordinaire synthèse de la période de la Reconstruction, à partir du point de vue des Africains-Américains, mais sans le parcours obligé de l’histoire sociale et en insistant sur le rôle de la politique[15].

Les principes de l’histoire sociale ne sont pas une garantie de renouvellement assuré, car ils ont été souvent dogmatiques et n’ont servi alors qu’à centrer les études sur les victimes, femmes et noires surtout, de l’oppression du système et à développer un éloge de leurs cultures spécifiques, en débouchant sur des analyses de plus en plus étroites. L’application du concept de masculinité pour expliquer les inquiétudes des Américains au moment du maccarthysme ou de certains épisodes de la guerre froide n’est pas nécessairement une innovation décisive; tous les sujets de recherches ne permettent pas de la même façon de décliner systématiquement «classe, race et genre». Pourtant l’histoire politique ne peut pas plus se passer du peuple que l’histoire sociale de la politique. Et une fertilisation croisée est en cours avec les historiens sociaux qui retrouvent le sens de l’événement et de la chronologie et les «politiques» qui apprivoisent les concepts des premiers.

L’apport des études culturelles de type anthropologique a été décisif et a rapidement satisfait les historiens du politique. Dès les années 1970, des percées avaient été effectuées comme celle Laurence Goodwin sur le populisme; puis dans la décennie suivante Sean Wilentz a étudié la conscience ouvrière au XIXe siècle basée sur le républicanisme des pères fondateurs plus que sur des principes égalitaires. Plus récemment, nombre d’historiens ont écrit au sujet de la culture politique de leur pays menant leurs recherches sur le discours politique, sur les manifestations symboliques des différents partis et groupes de pression et sur toutes les pratiques de la vie politique[16]. Jean H. Baker a ainsi étudié comment le système politique et le vote des femmes étaient enseignés dans les manuels du XIXe siècle.[17] Son homonyme Paula Baker a déduit l’importance majeure du rôle des femmes dans le développement de la culture: avant 1920, la fracture principale du pays était celle du genre, car si les femmes ne participaient pas au jeu politique resté masculin, elles étaient très actives dans le domaine associatif et dans la solidarité sociale. L’histoire du genre est ainsi apparue en pleine lumière et n’a pas été seulement plaquée sur les études plus traditionnelles[18]: Alice Kessler-Harris a donné tout son sens à la conception féminine du monde économique et social[19], non pas pour combler un vide de l’historiographie mais pour parvenir à une meilleure définition la société et de la culture américaines.

Il ne s’agit pas de faire comme les historiens traditionnels qui ont travaillé sur les Africains-Américains, les femmes et les ouvriers, mais d’étendre le concept de politique afin de rendre compte plus complètement de l’évolution de l’identité américaine[20].

En fait, les meilleurs historiens du politique n’ont pas hésité à emprunter concepts et méthodes à l’histoire sociale, à la démographie, à la science politique et ont ainsi rénové en profondeur leur spécialité. Le renouvellement de l’étude des États du Sud a été impressionnante; il ne s’agit plus seulement de multiplier les travaux sur les droits civiques, mais de montrer comment le conservatisme a semblé accepter la déségrégation, mais en s’éloignant dans des banlieues blanches a développé une attention critique à tous les problèmes de logement et d’éducation, questions qui se posent aussi au niveau national, alors qu’ils permettent de conforter le pouvoir banc dans ces quartiers ségrégués de fait[21]. La perspective internationale a donné un nouvel éclairage au mouvement des années 1960, car la Guerre froide y a joué un rôle qui été longtemps négligée; la juriste Mary Dudziak a complété brillamment les travaux d’histoire sociale[22]. L’interaction entre médias et politique a été bien exploré dans l’étude de l’image controversée de Richard Nixon[23]. Matthew Countryman, dans son étude des droits civiques à Philadelphie, a mené une forte étude politique nourrie par celle du genre et des mécaniques urbaines[24].

De tels exemples, que l’on pourrait multiplier à l’infini tellement est immense le champ historique des États-Unis, indiquent que l’histoire politique s’est considérablement diversifiée et enrichie. Alors que des travaux traditionnels se poursuivent, certains de fort bonne qualité[25], ceux issus de l’école ethno-culturelle sont encore nombreux et ceux inspirés de disciplines voisines ont beaucoup innové.

Grâce à ces influences, grâce aux efforts des chercheurs, la phase du déclin relatif est terminée et l’histoire politique américaine se situe à la pointe de la recherche historique.

Toutefois, un historien français reste étonné par la réticence manifestée par les Américains à adopter des problématiques venues d’ailleurs. Aucune analyse comparable à celles des sociabilités politiques, initiées en France par Maurice Agulhon, n’a été produite aux États-Unis; or, une étude des clubs démocrates ou républicains et des diverses associations de gauche comme de droite serait certainement instructive. Le concept de génération politique bien mis en place par Jean-François Sirinelli reste ignoré alors qu’il s’adapterait bien à une période comme les années 1960 et à l’entourage régional des présidents. Alors que pendant longtemps les historiens s’étaient détournés des études précise sur la pratique du vote et sur les limites de la démocratie, décrite comme un long fleuve tranquille dans beaucoup de synthèses, des travaux comblent désormais ce vide et s’avèrent indispensables pour montrer les luttes qui ont été nécessaires pour l’établir[26].

Par ailleurs, les historiens du politique ne remettent pas en question les limites imposées à l’ère progressiste et admettent sans réelle discussion son remplacement par un libéralisme bien mal défini. Ces idéologies méritent des études nouvelles, car la progressisme a eu une longue destinée postérieure à 1920 et se distingue, encore dans les années 1960, du libéralisme présenté comme dominant.

Les chantiers ne manquent pas pour une histoire politique largement renouvelée et bien vivante.



[1]. Jacques Portes et Catherine Pouzoulet, «Déclin et renouveau de l’histoire politique», dans J. Heffer et F. Weil, Chantiers d’Histoire américaine, Paris, Belin, 1994, p. 83-118

[2]. Arthur M. Schlesinger, Jr., The Age of Jackson, (1945), C. Vann Woodward, The Origins of the New South, 1877-1913, (1951), rompt avec l’idéologie conservatrice dominante au Sud et dépasse de loin le problème de l’historiographie politique. Tout deux se situent dans la tradition progressiste. Les deux autres représentent directement l’école du consensus, voyant les réformes s’accomplir sans heurt, par un accomplissement progressif: Richard Hofstader, The American Political Tradition and the Men who Made it, (1948), The Age of Reform: From Bryan to F.D.R., (1955).

[3]. Eric Foner (dir.), The New American History, Philadelphia, Temple University Press, 1992.

[4]. Nixon: The Education of a Politician, 1913-1962, New York, Simon & Schuster, 1987. Nixon:The Triumph of a Politician, 1962-1972, New York, Simon & Schuster, 1989. Eisenhower: Soldier and President. (condensed version of Eisenhower: Soldier and President), New York, Simon & Schuster, 1990. Nixon: The Ruin and Recovery of a Politician, 1973-1990, New York, Simon & Schuster, 1991. Band of Brothers: E Company, 506th Regiment, 101st Airborne, from Normandy to Hitler’s Eagle’s Nest.,New York, Simon & Schuster, 1992. D-Day, June 6, 1944: The Climactic Battle of World War II, New York, Simon & Schuster, 1994.

[5]. Robert A Caro, The Years of Lyndon Johnson, 3 vols. New York, Alfred Knopf, The Path to Power (1982), Means of Ascent (1990), Master of the Senate (2002).

[6]. L. Benson, The Concept of Jacksonian Democracy: New York a Test Case, Princeton, Princeton University Press, 1961, p. 165.

[7]. R. P. Formisano, The Transformation of Political Culture: Massachusetts Parties, 1790s-1840s, New York, OUP, 1983.

[8]. J. Morgan Kousser, «The “New Political History”: A Methodological Critique», Reviews in American History, mars 1976, p. 1-14.

[9]. S. E. Maizlich, The Triumph of Sectionalism: The Transformation of Ohio Politics, 1844- 1856, Kent (Ohio), The Kent State University Press, 1983 et D. Baum, The Civil War Party System: The Case of Massachusetts, 1848-1876, Chapel Hill, University of Carolina Press, 1984.

[10]. R. L. McCormick, From Realignment to Reform: Political Change in New York State, 1893-1910, Ithaca, Cornell University Press, 1981; idem, The Party Period and Public Policy from the Age of Jackson to the Progressive Era, New York, OUP, 1986.

[11]. Building a New American State: The Expansion of National Administrative Capacities, 1877-1920, Cambridge University Press, 1982.

[12]. T. Skocpol, Protecting Soldiers and Mothers: The Political Origins of Social Policy in the United States, Cambridge, Harvard University Press, 1992.

[13]. Greg Robinson, By Order of the President. F. D. R. and the Internment of Japanese Americans, Cambridge, Harvard University Press, 2001.

[14]. L. Cohen, Making A New Deal. Industrial Workers in Chicago 1919-1939, Cambridge, Cambridge University Press, 1990.

[15]. E. Foner, Reconstruction: America’s Unfinished Revolution, 1863-1877, New York, Centennal, 1988.

[16]. Ronald P. Formisano, «The Concept of Political Culture», Journal of Interdisciplinary History, 2000, p. 393-426.

[17]. J. H. Baker, Vote for Women: the Struggle for Sufrage (Viewpoints on American Culture), New York, Oxford University Press, 2002.

[18]. La vogue des études sur le genre a abouti à une multiplication d’ouvrages sur le suffrage des femmes, qui sont répétitifs et dont la plupart n’apportent rien de neuf.

[19]. Alice Kessler-Harris, In Pursuit of Equity. Women, Men, and the Quest for Economic Development in Twentieth Century America, Princeton, Princeton University Press, 2003.

[20]. Romain Huret, «A walk on the Wild Side? Political historians and the challenge of social history», papier présenté le 17 novembre 2006; citation de Jacques Portes.

[21]. Kevin Kruse, White Flight: Atlanta and the Making of Modern Conservatism, Princeton, Princeton University Press, 2005 ou Robert Self, American Babylon: Race and the Struggle For Post-War Oakland, Princeton, Princeton University Press, 2005.

[22]. Mary L. Dudziak, Cold War Civil Rights: Race and the Image of American Democracy, Princeton, Princeton University Press, 2000.

[23]. David Greenberg, Nixon’s Shadow: The History of an Image, New York, W. W. Norton, 2003.

[24]. Matthew K. Countryman, Up South: Civil Rights and Black Power in Philadelphia, Philadelphie, University of Pennsylvania Press, 2006.

[25]. William E. Leuchtenburg, The White House Looks South: Franklin D. Roosevelt , Harry S. Truman, Lyndon B. Johnson, Baton Rouge, Louisiana State University Press, 2005.

[26]. Alexander Keyssar, The Right to Vote: The Contested History of Democracy in the United States, New York, Basic Book, 2001.