L’Expo 67 dans la presse française: la vision du Québec dans l’Hexagone

Samy Mesli
Stagiaire post-doctoral à l’Université de Montréal
Chercheur-associé à la Chaire Hector-Fabre

L’Exposition universelle de Montréal a bénéficié d’une importante couverture médiatique, et a accueilli, parmi les milliers d’observateurs étrangers, plus de 500 reporters venus de l’Hexagone. En se basant sur une analyse exhaustive de la presse nationale et régionale française, cet article a pour première ambition de nous replonger dans l’ambiance exceptionnelle de l’Expo 67, à travers les commentaires et les témoignages des journalistes qui l’ont visitée. En analysant les articles de presse parus à cette occasion, plusieurs thèmes seront abordés: tout d’abord, quel bilan les journalistes dressent-ils de cette manifestation qui constitue, pour le Québec, une vitrine exceptionnelle dans les domaines scientifique et technique? Plus largement, comment décrivent-ils la société québécoise et les grandes réformes de la Révolution tranquille? En somme, quelle est leur vision du Québec?

La presse à l’Exposition universelle

L’Exposition universelle de Montréal a, naturellement, suscité un vif intérêt dans la presse internationale. Pour promouvoir l’événement, le Service de l’Information de l’Expo mit au point dès juillet 1964 un plan directeur au sujet des visites de groupes de journalistes canadiens et étrangers. La Division des relations avec la presse reçut le mandat d’organiser chaque visite, en établissant les listes d’invitations, le programme des séances d’information et la préparation de la documentation.

Dès l’automne 1964, des groupes de journalistes furent invités en fonction de leur région (rédacteurs et radiodiffuseurs de la Nouvelle-Angleterre; rédacteurs de l’Ouest du Canada; secrétaires de rédaction des provinces de l’Atlantique; rédacteurs des publications hebdomadaires de la région centrale des États-Unis, journalistes européens…) et de leur spécialisation. La date de leur visite était choisie en fonction de l’avancement des travaux. Les journalistes spécialisés dans les domaines du bâtiment et de la construction purent suivre l’évolution du chantier de l’Expo. Des éditeurs et des reporters de nouvelles générales furent également conviés. Les chroniqueurs chargés des rubriques de spectacles et les rédacteurs sportifs furent, quant à eux, invités lorsque les pavillons et aménagements pouvant les intéresser étaient en passe d’être achevés[1]. Ainsi, de 1964 à mars 1967, l’Expo accueillit, à ses frais, un total de 7 356 journalistes. Les principaux réseaux de périodiques ou de radiodiffusion nord-américains, tels le Toronto Star, Globe & Mail, Life, Look, NBC et CBS, qui avaient accepté les invitations décidèrent cependant de payer les frais de déplacement et de subsistance de leurs journalistes.

À partir de mars 1967, la mission principale de la Division des relations avec la presse fut la distribution des accréditations aux journalistes. Chaque jour, le Bureau d’accréditation de la presse recevait entre 300 à 400 demandes de laissez-passer par la poste, et plus de 8 000 dossiers furent traités au cours des trois premières semaines. Pendant le mois d’avril, plus de 2 500 accréditations furent expédiées chaque semaine, alors que les journalistes arrivaient, de plus en plus nombreux, pour assister aux avant-premières dans les pavillons, pour rédiger des articles sur les préparatifs de l’Expo ou pour réaliser des documentaires filmés[2]. Puis, «à partir de la mi-mai 1967, les représentants de la presse manifestèrent un surcroît d’intérêt envers l’Expo, à la suite des comptes-rendus enthousiastes parus au cours des premières semaines», constatent les responsables de la Division des relations avec la presse. Dès lors, «les journalistes, radiodiffuseurs, télédiffuseurs et cinéastes de toutes les parties du monde commencèrent d’arriver par centaines. Ils voulaient tous, bien entendu, être accrédités auprès de la Compagnie de l’Exposition»[3]. Conséquemment, le nombre de demandes de laissez-passer envoyées par lettre diminua de 75 % en mai et en juin, et le nombre de personnes venant demander des accréditations directement au bureau s’accrut dans la même proportion. Pendant le mois d’août, près de 150 demandes de laissez-passer furent traitées quotidiennement. Ce chiffre baissa au cours des mois de septembre et d’octobre, passant respectivement à 127 et 115 dossiers d’accréditation par jour, même si l’on constata pendant cette période une augmentation des sollicitations émanant de journaux et de stations radiophoniques d’universités.

Au total, 33 439 laissez-passer ont été distribués par Bureau d’accréditation de l’Expo, la presse écrite demeurant la mieux représentée. Dans ce domaine, les reporters américains ont été les plus nombreux à se déplacer, avec 13 242 accréditations accordées, devant leurs homologues des provinces canadiennes (3 808) et du Québec (3 412), et du Japon (1 122).

Les journalistes français se situent au cinquième rang, avec 451 représentants de la presse écrite, devant l’Angleterre (373) et l’Allemagne (230)[4]. Il convient d’ajouter à la délégation française la présence de 49 journalistes de la presse télévisuelle, 27 de la presse radiophonique, 5 spécialistes des actualités filmées et 12 représentants des relations publiques, ce qui porte le total à 544 reporters venus de l’Hexagone. À l’instar de la France, plus de 80 pays auront délégué des journalistes pour couvrir l’Exposition universelle.

La présence de la France à l’Expo 67

Ainsi présents en grand nombre, quel bilan les journalistes français dressent-ils de l’exposition universelle? La couverture médiatique de l’Expo débute dans les semaines qui précédent l’inauguration. Outre les éditions nationales, de nombreux quotidiens régionaux délèguent des reporters pour les tenir informés des derniers préparatifs de l’exposition universelle. Une série d’articles rédigés par le prêtre et historien Jean Toulat, auteur d’un ouvrage sur le Canada[5], est également diffusée dans le Courrier de l’Ouest et dans le Midi Libre.

Dans une «ville en fièvre, [où] les habitants étaient bouillants d’impatience»[6] rapporte un observateur, l’inauguration de l’Expo 67 est unanimement saluée par la presse. «Montréal, synthèse du monde»[7] titre le Figaro, tandis qu’un journaliste du Provençal rend hommage au maire Jean Drapeau: «bâtisseur-sorcier, infatigable artisan et promoteur de l’Expo, écrit-il, le maire a réalisé son rêve longtemps caressé: «Le 28 avril et pendant 183 jours, Montréal sera la capitale du monde»[8]. Le 28 avril, de nombreux quotidiens consacrent leur page de couverture à cet événement, et des photographies, principalement du pavillon français, permettent aux lecteurs de découvrir l’œuvre de l’architecte Jean Faugeron et le site de l’Expo.

Rappelant que les travaux de terrassement de l’Île Sainte-Hélène, «que ni le gel ni le froid des rudes hivers canadiens n’ont interrompus», avaient été menés en seulement quatre ans, un journaliste ne peut cacher son admiration: «Ce qui, il y a trois semaines, était encore un chantier embourbé, est à présent un vaste parc riant, avec ses 16 000 arbres et 50 000 arbustes, ses fontaines lumineuses, ses lagunes et ses canaux. Les grands pavillons nationaux émergent avec leurs murs d’une blancheur immaculée, à côté des pavillons exotiques pourpre et or»[9].

Dans ce décor grandiose, le pavillon français, qui a coûté près de deux milliards d’anciens francs, fait l’objet de toute l’attention de la presse. «Les différents pays exposants ont rivalisé d’originalité et d’audace, constate la Nouvelle République, et le pavillon français, par exemple, a la forme d’un gigantesque beignet, un beignet de sept étages percé d’un immense trou sur toute sa hauteur»[10]. «Les lamelles verticales qui l’entourent lui donnent un cachet particulier», note un observateur, alors qu’un autre le compare à une «cage d’aluminium». Les commentaires s’avèrent toutefois positifs. Un journaliste écrit qu’avec «son architecture à la fois audacieuse et originale, [ce bâtiment] est considéré comme l’un des plus attrayants»[11]. Selon le Courrier de l’Ouest, ce pavillon est «l’un des plus, sinon le plus réussi, tant par son harmonie que par l’audace de sa conception»[12].

La seule note discordante vient de l’envoyée spéciale de France-Soir, qui juge le résultat «discutable»: si Faugeron a voulu créer «une architecture lyrique faite de béton, de verre et de lamelles en métal, écrit-elle, le résultat final évoque vaguement l’aspect d’un poulailler fabriqué par un bricoleur du dimanche»[13]. Elle rajoute, quelques jours plus tard, que «l’architecture en bataille, hérissée, et comme agressive du pavillon français, contraste avec l’humour et l’apparente nonchalance du pavillon britannique, coiffé d’un pain de sucre tronqué»[14]. Cette journaliste jette un regard tout aussi critique sur les uniformes des hôtesses. Dans un article intitulé «3 000 minijupes (même les Soviétiques) pour accueillir les visiteurs de l’Exposition de Montréal», elle décrit des «hôtesses éperdues d’amabilité, frissonnant en minijupes dans le vent de neige qui souffle encore du Saint-Laurent», mais conclut cependant que «les moins élégantes sont les Françaises, incongrues dans leur mini costume de lamé d’argent»[15].

En dépit de ces divergences d’ordre esthétique, les observateurs s’entendent pour souligner l’intérêt de l’exposition «Tradition et Invention», présentée dans le pavillon français. Sous la direction du commissaire général Robert Bordaz, conseiller d’État et ancien directeur de l’ORTF, l’exposition française s’annonçait comme un vaste panorama de la pensée et des arts de l’Hexagone. Sur plus de 22 000 mètres carrés, quelque 20 000 objets étaient présentés au public. Au «Rez de lagune», une scène posée au-dessus de l’eau accueillait des manifestations artistiques, concerts, spectacles, pièces de théâtre. Une section du pavillon était réservée à l’«Amitié franco-canadienne», et présentait des documents et des souvenirs des premiers colons français au Canada. Deux étages étaient dévolus aux réalisations techniques de l’Hexagone, exposant, notamment, le Laser C 02, record de puissance en 1966, nous précise un journaliste, et la maquette d’une chambre à bulles destinée à une centrale nucléaire.

Le quatrième étage était ensuite consacré au cinéma. On y avait installé un studio de l’ORTF, qui assurait la diffusion d’émissions et de courts-métrages portant sur le thème de «la France et les Français». Le cinquième étage abritait la vaste «Galerie des Arts», qui exposait une collection d’objets d’art, du XIe siècle à l’époque contemporaine, notamment des œuvres de Poussin, Renoir, Manet, Géricault, Cézanne et la célèbre Chambre d’Arles de Vincent Van Gogh. Au sixième étage, se trouvaient les sections «Création artistique» et «Panorama des Lettres», où étaient présentés soixante hommes de lettres, romanciers, poètes, historiens. Des photos, des souvenirs et des livres de Claudel, Genet, Malraux et du général De Gaulle pouvaient être consultés sur place, de même que des montages sonores permettaient d’entendre la voix de son auteur préféré. Des sculptures étaient, enfin, exposées sur la terrasse du dernier étage.

Si les commentaires sont élogieux, un journaliste, tout en soulignant la richesse de cette collection, déplore cependant qu’elle soit «au total pauvre de poésie», comparativement aux expositions présentées dans les pavillons italien et tchécoslovaque: il prend en exemple la section réservée à la ville de Paris, qu’il juge «particulièrement navrante. Les vitrines, qui montrent les créations de la mode, restent des vitrines de boutique. […] À vouloir impressionner, on a peut-être oublié de séduire»[16] conclut-il…

Un motif de satisfaction vient toutefois de la gastronomie, et les journalistes sont unanimes pour souligner que «le pavillon français constitue la meilleure table de l’Expo, avec trois restaurants, qui offriront «aux visiteurs venus du monde entier la “French Cuisine” et les champagne […] leur sont servis à gogo»[17].

Aux activités du pavillon français, qui aura accueilli plus de 9 millions de visiteurs pendant la durée de l’Expo, il convient d’ajouter les festivités liées à la «journée nationale» de la France, le 25 juillet: à l’occasion de la visite du président De Gaulle, des concerts de fanfares militaires furent organisés, et un bal musette, avec trois orchestres, eut lieu dans la soirée à la place des Nations.

«La plus gigantesque exposition de tous les temps»

À l’instar de l’intérêt que suscite le pavillon français, les observateurs sont unanimes quant au succès de l’Exposition universelle. Il s’agit, selon le Figaro, de «la plus gigantesque exposition de tous les temps»[18], tandis que le Monde évoque «une Venise futuriste». Un journaliste ne peut cacher son admiration: «L’effet global est extraordinaire. La nuit surtout, l’ensemble est d’une surprenante beauté, lorsque, par exemple, les tubulures qui enserrent le pavillon hollandais, une fois illuminées, se métamorphosent en une dentelle d’aluminium»[19].

Les pavillons font l’objet de commentaires enthousiastes: la pyramide inversée du Canada, le pavillon soviétique, le plus cher de l’Expo avec ses 75 millions de francs, la toile de tente géante du pavillon allemand. Le pavillon britannique et la bulle géodésique des États-Unis recueillent également tous les suffrages. Selon un journaliste, «le pavillon du Québec est l’un des plus beaux de l’expo. Dans une maison de verre teinté, entièrement construite sur l’eau, il illustre le Québec moderne créé à la suite d’un dur combat contre un territoire immense et sauvage»[20] écrit-il.

L’atmosphère sur le site de l’Expo est décrite comme l’une des plus chaleureuses, et les reporters saluent le succès populaire de la manifestation, avec près de 1 400 000 entrées les trois premiers jours[21]. Un journaliste, qui se promène «dans ces avenues sans voiture, au milieu de l’architecture recherchée de chaque pavillon», décrit la scène: «la foule bigarrée des visiteurs [affluant] du monde entier, se presse, le guide officiel d’une main, la caméra de l’autre, aux entrées des restaurants, des salles de spectacle ou aux stations du métro-express. C’est une vaste foire, au bon sens du mot. C’est une vaste foire digne de la seconde moitié du XXe siècle, à l’échelle d’un continent pilote»[22]. Mais ce succès a un coût, constate un journaliste, qui écrit que «l’Expo 67 est un gigantesque cadeau anniversaire que le Canada s’est offert pour célébrer son centenaire. [Mais] il n’est pas bon marché: cinq milliards de francs au moins»[23] conclut-il…

Le thème de l’Exposition, «L’Homme en son monde», qui s’inspire du livre Terre des Hommes de Saint-Exupéry, n’a pas échappé aux observateurs français. L’œuvre du Petit prince fut d’ailleurs présentée pendant la cérémonie d’ouverture, à laquelle assistait la comtesse de Saint-Exupéry. Dans un entretien au Figaro, Guy Dozois, responsable des pavillons thématiques, déclara que les organisateurs avaient voulu «replacer l’Homme en son milieu», célébrant ainsi «Terre des hommes et non pas terre des machines»[24].

Le résultat est manifestement réussi, si l’on en juge les commentaires de la journaliste France Soir: selon elle, l’Expo démontre «avec éclat qu’au-delà de la technique, il n’y a plus que le rêve et que les machines les plus formidables, une fois domptées, ne sont plus que de gigantesques jouets pour adultes. Même l’architecture […] s’est mise au charme plutôt qu’à la grandeur, et le style cocotte en papier, gros cubes de jeux de construction pour grands bébés, triomphe partout»[25].

Dans le Midi Libre, Paul Guth signe une chronique intitulée «L’homme et ses jouets». Il écrit:

L’exposition de Montréal pouvait traduire par le gigantisme épique la terrifiante puissance de l’homme moderne. Elle a préféré rejoindre l’enfance et en faire un conte de fées. Loin de nous écraser sous les machines, elle les considère comme des jouets de grands enfants. Partout, jusque dans le style de ses pavillons, elle s’amuse au jeu de construction, au meccano, à la poupée. Le pavillon des États-Unis est une gigantesque bulle de savon […], le visiteur fait joujou avec le sol lunaire reconstitué au pavillon américain, avec l’apesanteur du voyage cosmique soviétique, avec la psychanalyse des cerveaux électroniques, avec une cellule humaine grossie un million de fois. Il se promène à l’intérieur de son propre cerveau, large de quatre mètres, ou sous la mer dans «la maison sous l’eau» de Cousteau.

Bref, du Jules Verne pour enfants du siècle atomique! Comment mieux dompter notre effrayante mécanisation qu’en la transformant en jouets[26].

À l’Exposition s’ajoutent, enfin, d’autres centres d’intérêt, comme la Ronde et Habitat 67, qui impressionne particulièrement. «Ces «éléments préfabriqués — trois cent cinquante-quatre pièces — paraissent à peine se toucher, observe un journaliste, alors qu’ils s’imbriquent les uns dans les autres, se chevauchent, s’enjambent, pour constituer un immeuble aux allures de casbah aérienne dont les occupants doivent tous jouir d’une terrasse et ignorer l’existence de voisins»[27].

Pour l’ensemble des observateurs français présents à Montréal, l’Expo 67 est, sans conteste, une grande réussite architecturale et artistique, et tous soulignent le succès populaire de la manifestation. L’engouement des journalistes semble avoir été communicatif, puisqu’on dénombre, parmi les 50 millions de spectateurs de l’Expo, la présence de 120 000 Français, ce qui les place en tête des touristes européens. Pour ce faire, de nombreuses agences de voyage s’étaient mobilisées pour offrir à leurs clients des séjours vers le Québec. Dans le Monde, une publicité proposait, par exemple, deux semaines de vacances pour la somme de 1 512 francs, et pendant tout l’été, des agences de voyage de la Côte d’Azur organisèrent, en collaboration avec le quotidien Nice Matin, des séjours qui allaient conduire les touristes de New York à Montréal. Selon une publicité, qui met en avant le mythe du continent américain, ce programme devait permettre «aux habitants de la Côte d’Azur de réaliser le rêve de plus d’un Français, la découverte de l’Amérique du Nord, avec ce pôle d’attraction, sans comparaison, qu’est l’Expo 67»[28].

L’émergence du «nouveau Québec»

À travers le succès de l’Exposition universelle, les observateurs décrivent avec admiration l’essor de la métropole montréalaise, et soulignent l’ampleur des travaux réalisés pour cet événement. Quelques jours avant l’inauguration de l’Expo, Jean Toulat décrit les derniers préparatifs: «Au rythme des marteaux-piqueurs, dans un déploiement de bulldozers et de pelles excavatrices, les “casques jaunes” élargissent des artères, terminent des autoroutes, aménagent des échangeurs où s’entrelacent, à des niveaux superposés, une multiplicité impressionnante d’avenues»[29]. Un journaliste du Provençal constate, pour sa part, qu’en «dépit des prédictions des sceptiques, tout est prêt aujourd’hui — y compris 26 km. de métro et 200 km. d’autoroutes et de voies d’accès»[30]. Le métro, construit en collaboration avec des ingénieurs de la RATP (Régie autonome des transports parisiens), apparaît comme l’un des plus modernes du monde, avec «ses 123 tapis roulants et son contrôle électronique des billets».

Dans une série d’articles intitulée «La foire de l’architecture», un journaliste du Monde décrit la mue opérée par la métropole montréalaise: «Bâtie sur un héritage européen, Montréal se développe actuellement sous l’influence de la puissante école américaine toute proche et toute prête à y déléguer ses grands architectes»: ainsi, le caractère de la cité s’est modifié, avec l’émergence d’un nouveau centre-ville, «drainé par de larges autoroutes, a poussé vers le ciel scintillant d’aluminium, de verre teinté et de béton galbé, de places et d’avenues»[31]. Parmi les réalisations les plus fréquemment citées figurent les édifices de la Place Ville-Marie, de la Place Bonaventure ou de la Bourse de Montréal. Le réseau souterrain est également cité en exemple, et sa «réussite oblige à réviser nos idées et nos préjugés sur l’architecture en souterrain. […] Aujourd’hui, il y a dans le sous-sol montréalais autant de points d’intérêt que dans la rue à ciel ouvert»[32], constate l’envoyé spécial du Monde.

Celui-ci émet toutefois des réserves, constatant qu’en cinq ans, Montréal s’est taillé «trop rapidement un costume trop grand, trop neuf… Trop d’argent s’est engouffré dans cette entreprise qui a permis le développement de cette ville mais a essoufflé son économie. Les carnets de commande des architectes sont un indice: ils sont moins remplis… Il va falloir d’abord assimiler cet effort exceptionnel, qui a eu le mérite de révéler à elle-même et au monde la puissance insoupçonnée de cette cité»[33].

Le dynamisme de la métropole montréalaise illustre l’ampleur des transformations économiques et sociales qui s’opèrent au Québec. À l’instar de tous les Français arrivant au Canada, les journalistes soulignent tout d’abord l’immensité du territoire québécois, et présentent les grands chantiers amorcés pour sa mise en valeur. Ils s’intéressent, entre autres, à l’exploitation des gisements de fer et à la fabrication de pâte à papier, mais leur attention se porte principalement sur la construction des barrages hydroélectriques. Dans un article intitulé «Ces modernes bâtisseurs de pyramides», Jean Toulat décrit les travaux de la centrale Manic 5, dont l’architecte est un Français, André Coyne. Les quelque 3 000 ouvriers, vivant dans des roulottes et des maisonnettes à proximité du lac Louise, travaillent «avec une ardeur de pionniers du Négeb», sous la direction d’ingénieurs âgés «de trente ans, des Canadiens français fiers de relever le défi. Ne les a-t-on pas dit inaptes aux grandes entreprises de la technique? Ils vont montrer au monde ce dont ils sont capables. Bâti sans ingénieurs anglais, sans capitaux américains, avec une main-d’œuvre québécoise et dans la langue du Québec, Manic 5 est leur manifeste»[34].

Ce développement économique s’inscrit naturellement dans le contexte de la Révolution tranquille, saluée par les observateurs français comme une phase d’émancipation pour la société québécoise. Un éditorialiste du Midi Libre écrit qu’on assiste, depuis le mort de Duplessis, «à la naissance du nouveau Québec, [dont] le dynamisme s’est affirmé sur le plan économique, dans le domaine de l’électricité, puis sur le plan culturel»[35].

Cette rupture avec le passé apparaît d’autant plus forte que le régime de Duplessis est décrit en des termes très durs, un journaliste allant même jusqu’à qualifier l’ancien chef unioniste de «dictateur»[36]. Selon un de ses confrères du Monde, Duplessis fit «régner pendant vingt-cinq ans le conservatisme le plus étroit, pour ne pas dire le plus rétrograde. La France, la France révolutionnaire et impie, était alors fort mal vue au Québec, sauf pour quelques pionniers». Il continue: «après deux siècles et demi sous la protection d’un triple cocon, provincial, rural et clérical, […] la chrysalide aspire à prendre son vol [grâce] à un puissant mouvement d’émancipation [qui] n’a cessé de se développer» depuis 1960[37].

Ces transformations sociales s’accompagnent d’une évolution politique, et les journalistes français s’intéressent à l’émergence des groupes indépendantistes, notamment le Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN), tout en soulignant qu’ils demeurent, à l’époque, largement minoritaires au sein de l’opinion publique. Un article de La Nouvelle République conclut, pour sa part, que «le mouvement en faveur du développement a pris une forme politique aiguë. En effet, une minorité envisage l’autonomie, tandis que des extrémistes vont jusqu’à prôner l’indépendance»[38].

L’évolution politique du Québec et ses liens avec la France

Si les journalistes font l’éloge de la modernité du Québec, ils n’en oublient pas pour autant les racines françaises de ses habitants. Jean Toulat cite notamment le cas du maire de Montréal: dans un article intitulé «Impossible n’est pas vendéen», il vante «l’intelligente ardeur et [la] ténacité» de Jean Drapeau, et souligne ses origines vendéennes, ses ancêtres venant de Fontenay-le-Comte[39]. Reprenant les thèmes du mythe de la survivance, un journaliste soulignait «que la lutte des Canadiens français pour leur langue dans des conditions aussi dures, dans l’indifférence universelle, jusqu’à ce jour du moins, et ce depuis des siècles, est digne d’admiration». Ceci a été rendu possible grâce à la création «des sociétés patriotiques, des associations privées, des groupements catholiques, des Associations Saint-Jean-Baptiste en particulier, qui ont suscité des dévouements sans limites, grâce auxquels la langue et la culture française ont pu être sauvées»[40] conclut-il.

Un chroniqueur du Midi Libre va plus loin, et demande à ses compatriotes d’exprimer plus d’amour pour le Québec! «Nous sommes légers, oublieux, écrit-il. Nous ne pensons assez à ces Français de souche profonde, qui parlent notre langue au-delà des mers, qui maintiennent loin de nous notre esprit et notre génie. Nous ne pensons pas assez aux Canadiens français. Nous ne leur donnons pas assez d’attention, de vigilance, d’émotion, d’amour». Rappelant les origines des premiers colons, il note que les «Canadiens français ont gardé leur accent tel qu’il était aux XVIe et XVIIe siècles, [et] c’est ainsi que devaient parler les Français sous les rois, et de préférence, le français de Normandie, Malherbe, Corneille». Même si «ce français nous paraît étrange, concède-t-il, par sa prononciation et son vocabulaire, [qu’il] appelle une auto «un char», un étage «un plancher», nous devrions écouter ce langage avec tendresse». Soulignant enfin que Montréal, hôte de l’Exposition universelle, constitue la seconde ville de langue française au monde, il conclut: «Soyons fiers de ces Français d’au-delà de l’Océan, témoins de notre vitalité»[41].

Même s’ils n’affichent pas tous cet enthousiasme débordant, les éditorialistes jugent d’un bon œil les «retrouvailles politiques» entre la France et le Québec. En effet, depuis l’ouverture de la Délégation générale du Québec à Paris, en 1961, les deux gouvernements développent de solides relations. En février 1965, le ministre de l’Éducation, Paul Gérin-Lajoie, signe, avec son homologue français, une entente bilatérale de coopération en éducation. Il s’agit du premier accord international conclu par le gouvernement du Québec, et, quelques semaines plus tard, Gérin-Lajoie prononce son célèbre discours sur le prolongement international des compétences internes. Une deuxième entente est signée dans le domaine de la culture, en novembre 1965. La visite de Daniel Johnson, en mai 1967, donne lieu à de chaleureux échanges avec les dirigeants français. Un accord prévoit d’élargir la coopération entre les deux gouvernements, et le Courrier de l’Ouest titre «Le premier ministre du Québec avait tellement de projets qu’il a quitté Paris en y laissant trois de ses adjoints»[42].

Un journaliste soutient que pour mener à bien les réformes de la Révolution tranquille, «le Québec entend s’appuyer de plus en plus sur la France. Et, de fait, depuis 4 ou 5 ans, les relations franco-québécoises ne cessent de se multiplier. La France découvre le Canada français. Alors que pendant deux siècles elle n’a guère montré qu’indifférence, ignorance et parfois mépris souverain par son ancienne colonie, elle lui voue subitement une attention fervente»[43].

Dans ce contexte, la visite officielle du général de Gaulle au Canada retient naturellement l’attention des journalistes. L’accueil triomphal réservé au président français à son arrivée à Québec et, le lendemain, tout au long du Chemin du Roy, suscite de nombreux commentaires dans la presse hexagonale. L’événement fait la une de tous les quotidiens, et de nombreuses photographies sont publiées à cette occasion. Les titres sont dithyrambiques: «Chaleureuses ovations pour De Gaulle à Québec» peut-on lire dans la Nouvelle République, qui ajoute que «les Canadiens français ont dépensé une fortune — cinq millions de francs actuels — et des trésors de spontanéité et d’affection pour […] prouver l’attachement qu’ils gardent pour la “mère patrie”»[44]. «Enthousiasme exceptionnel de Québec qui a saisi cette occasion de manifester son attachement à la France»[45] titre le Figaro, «Une explosion d’enthousiasme» témoigne l’envoyé spécial du Monde[46].

L’euphorie qui entoure le début du voyage présidentiel cède, dès le 25 juillet, la place à la consternation, et les réactions au discours de Montréal et au retour précipité du général De Gaulle à Paris sont particulièrement vives. Le Méridional affiche à sa une «De Gaulle s’est permis une ingérence inexcusable dans les affaires intérieures au Canada»[47], le Provençal titre successivement «Les ingérences verbales du général De Gaulle dans la vie canadienne sévèrement jugées» et «L’éclat du général De Gaulle unanimement condamné»[48]. «Du triomphe à l’échec» note un éditorialiste: «ce voyage au Canada se traduit donc par un triomphe de trois jours dans la province du Québec et un échec diplomatique. La “voie royale”, en la circonstance, a pris l’aspect d’une impasse. […] Ce qui devait être une visite de courtoisie se termine en retraite»[49].

Les titres de la presse illustrent la réprobation qui entoure les propos du général De Gaulle, et les quotidiens condamnent sans ambages l’attitude du président français, seul responsable de cet incident diplomatique. Pour expliquer son geste, l’anti-américanisme de De Gaulle est le plus souvent mis en avant par les observateurs. Un journaliste du quotidien l’Aurore affirme ainsi que la phobie du général De Gaulle est «l’hégémonie américaine». «Seulement, s’interroge-t-il, cette prétendue hégémonie qui, aux yeux du Général est la grande menace pesant sur le monde, tracasse-t-elle pareillement les Canadiens français? Cette phobie, sont-ils si disposés à la partager?»[50].

À travers la condamnation du général De Gaulle, certains quotidiens posent ensuite la question des limites des pouvoirs du chef de l’État, dénonçant par là même les travers du régime présidentiel. Michel Guérin, dans La Nouvelle République, écrit qu’il «est permis de regretter que le chef de l’État puisse prendre des initiatives graves, nous brouiller avec une partie de nos alliés, engager notre parole sans en référer ni au gouvernement, ni au parlement, ni au pays. L’incident de Montréal est là pour prouver qu’un homme seul ne peut, quel que soit son prestige, décider de la politique mondiale d’une nation»[51].

Dans ce concert de critiques, la seule exception provient du quotidien L’Humanité qui, malgré ses réserves, se refuse à condamner l’attitude du général De Gaulle, préférant adopter la position des communistes canadiens, qui doivent s’opposer à l’impérialisme des États-Unis. «La reconnaissance du Québec comme État national du peuple canadien français, écrit Yves Moreau, est la condition de cette opposition commune des deux nations canadiennes à l’impérialisme yankee», et il est nécessaire d’établir «un nouveau pacte confédéral fondé sur leur égalité complète et sur leur accord mutuel»[52].

Pendant près d’une semaine, la crise diplomatique entre Paris et Ottawa, que le Méridional surnomme «l’Affaire canadienne», fait la une des quotidiens, et le conseil des ministres du 31 juillet, à l’issue duquel le président français émet un communiqué sur son voyage au Québec, n’arrange rien. Loin de revenir sur ses propos, De Gaulle enfonce le clou: témoin de la volonté des Canadiens français de «devenir maîtres de leur propre progrès» et de «l’immense ferveur française manifestée partout à son passage», le président de la République déclare qu’il a voulu marquer «sans équivoque aux Canadiens français et à leur gouvernement que la France entendait les aider à atteindre les buts libérateurs qu’eux-mêmes se sont fixés»[53].

Les commentaires du général De Gaulle suscitent, une nouvelle fois, de vives protestations. Un éditorialiste du Monde écrit notamment que «pour apporter toute l’aide fraternelle que les [Canadiens français] sont en droit d’attendre, il y a mieux à faire que ce tapage, cette caricature de “Realpolitik”, dont le fondement le plus réel est un égocentrisme à forme nationaliste, une hostilité exaspérée contre les Anglo-Saxons et la jubilation d’un vieillard expert à provoquer l’acclamation des foules». Il conclut cependant qu’il importe «de faire admettre à Ottawa et à Londres que les Canadiens français ne peuvent plus être désormais que des partenaires égaux à tous points de vue et que, par conséquent, le Canada doit remettre en chantier sa Constitution pour l’adapter aux exigences d’un État binational»[54].

Affirmant que les dernières années avaient été marquées par la conquête de plus d’autonomie pour le Québec, un journaliste du Midi Libre observe le débat entre les indépendantistes du RIN et les tenants du «statut particulier», mais conclut dans tous les cas au «refus du statu quo»[55]. Aussi virulente qu’ait été la critique envers les propos du général De Gaulle, on s’aperçoit ainsi que les observateurs français s’intéressent au débat constitutionnel canadien, et par là même reconnaissent légitimes, à défaut d’appuyer, les revendications du Québec.

Conclusion

Le 31 octobre 1967, au lendemain de la fermeture de l’Exposition universelle, un journaliste du Monde dressait un bilan élogieux: cette manifestation a «connu un retentissement inattendu, qui a révélé les Canadiens français à eux-mêmes, et qui a fait connaître le fait français en terre américaine aux quatre coins de l’univers» écrit-il, avant de conclure: cette «réussite remarquable […] a montré que le mariage était possible entre l’humanisme français et la technologie américaine. Elle a aussi permis aux Canadiens français de s’éveiller, peut-être un peu brutalement, à une réalité internationale dont ils n’avaient auparavant qu’une idée imprécise»[56].

À l’instar de cet observateur, tous les journalistes français présents à l’Expo 67 attestent du succès de l’événement, qui constitue, pour Montréal et le Québec dans son ensemble, une immense réussite. Ceux-ci ont également tenté de familiariser leurs lecteurs aux grandes réformes économiques et sociales alors en cours dans le Québec de la Révolution tranquille, en soulignant la modernité de cette terre nord-américaine. Le Général De Gaulle a, quant à lui, jeté un formidable coup de projecteur sur la situation politique du Québec, même si l’opinion publique française le condamnera sévèrement pour son geste. L’action du président français se traduira cependant par l’accélération de la coopération franco-québécoise, avec la signature, dès le mois de septembre 1967, d’un nouvel accord bilatéral, qui viendra considérablement augmenter le volume des échanges entre la France et le Québec.



[1]. Compagnie canadienne de l’Exposition universelle de 1967, Rapport général sur l’Expo67, tome I, Ottawa, Imprimeur de la Reine, 1969, p. 615.

[2]. Ibid., p. 625.

[3]. Ibid., p. 626.

[4]. Ibid., p. 627-629. Les journalistes de la presse écrite les plus nombreux viennent ensuite de d’Italie (100), de Tchécoslovaquie (86), des Pays-Bas (77), de Belgique (72), d’Union soviétique (66) et de Cuba (63).

[5]. J. Toulat, Canada, terre promise, Paris, Fayard, 1967, 238 p.

[6]. M. Roesler, «“Terre des Hommes” à Montréal», Le Provençal, 18 mai 1967.

[7]. J. Cresier, «Montréal, synthèse du monde», Le Figaro, 27 avril 1967.

[8]. «Montréal inaugure demain son exposition universelle», Le Provençal, 26 avril 1967.

[9]. «Montréal inaugure demain son exposition universelle», Le Provençal, 26 avril 1967.

[10]. «L’exposition de Montréal officiellement inaugurée», La Nouvelle République, 28 avril 1967.

[11]. «L’inauguration de l’Exposition universelle», Le Provençal, 29 avril 1967.

[12]. «L’Expo de Montréal est ouverte aujourd’hui», Le Courrier de l’Ouest, 28 avril 1967.

[13]. E. Fournier, «À l’Expo de Montréal, la femme du commissaire général a nettoyé les carreaux du pavillon français», France-Soir, 26 avril 1967.

[14]. E. Fournier, «3 000 minijupes pour accueillir les visiteurs de l’Exposition de Montréal», France-Soir, 29 avril 1967.

[15]. Ibid.

[16]. M. Legris, «L’Exposition de Montréal cherche à donner un sens nouveau au mot “universel”», Le Monde, 3 mai 1967.

[17]. «L’exposition de Montréal officiellement inaugurée», La Nouvelle République, 28 avril 1967.

[18]. J. Creiser, «Montréal 1967: la plus gigantesque exposition de tous les temps», Le Figaro, 20 avril 1967.

[19]. M. Legris, «L’Exposition de Montréal cherche à donner un sens nouveau au mot “universel”», Le Monde, 3 mai 1967.

[20]. J. Creiser, «Présentation au pas de course des principaux pavillons», Le Figaro, 26 avril 1967.

[21]. M. Legris, «L’Exposition de Montréal cherche à donner un sens nouveau au mot “universel”», Le Monde, 3 mai 1967.

[22]. M. Roesler, «“Terre des Hommes” à Montréal», Le Provençal, 18 mai 1967.

[23]. A. de Segonzac, «Le Canada s’offre un cadeau de 5 milliards: l’expo 67», France-Soir, 21 avril 1967.

[24]. J. Cresier, «Montréal, synthèse du monde», Le Figaro, 27 avril 1967.

[25]. E. Fournier, «3 000 minijupes pour accueillir les visiteurs de l’Exposition de Montréal», France-Soir, 29 avril 1967.

[26]. P. Guth, «L’homme et ses jouets», Midi Libre, 10 mai 1967.

[27]. M. Legris, «À Montréal, une “Venise futuriste”: l’exposition “Terre des hommes”», Le Monde, 25 avril 1967.

[28]. «Le premier Boeing “Air-France-Nice-Matin” s’est envolé hier pour les USA et l’Expo 67 de Montréal», Nice-Matin, 28 avril 1967.

[29]. J. Toulat, «Impossible n’est pas vendéen», Le Courrier de l’Ouest, 18 avril 1967.

[30]. «Montréal inaugure demain son exposition universelle», Le Provençal, 26 avril 1967.

[31]. J. Michel, «Une cité sous la cité», Le Monde, 29-30 octobre 1967.

[32]. Ibid.

[33]. J. Michel, «La foire de l’architecture», Le Monde, 26 octobre 1967.

[34]. J. Toulat, «Ces modernes bâtisseurs de pyramides», Courrier de l’Ouest, 20 avril 1967.

[35]. P. Masset, «Les conquêtes ou la naissance du Québec», Midi Libre, 1er octobre 1967.

[36]. Ibid.

[37]. Sirius, «L’irréalisme d’une “Realpolitik”», Le Monde, 2 août 1967.

[38]. «Les Canadiens français s’apprêtent à accueillir fastueusement De Gaulle», La Nouvelle République, 22-23 juillet 1967.

[39]. J. Toulat, «Impossible n’est pas vendéen», Le Courrier de l’Ouest, 18 avril 1967.

[40]. P. Masset, «Où va le Canada français?», Midi Libre, 30 septembre 1967.

[41]. P. Guth, «Dans la lucarne», Midi Libre, 22 avril 1967.

[42]. «Le premier ministre du Québec avait tellement de projets qu’il a quitté Paris en y laissant trois de ses adjoints», Le Courrier de l’ouest, 23 mai 1967.

[43]. P. Masset, «Les conquêtes ou la naissance du Québec», 1er octobre 1967.

[44]. M. Guérin, «Chaleureuses ovations pour De Gaulle à Québec», La Nouvelle République, 24 juillet 1967.

[45]. N. Châtelain et D. Périer-Daville, «Enthousiasme exceptionnel de Québec qui a saisi cette occasion de manifester son attachement à la France», Le Figaro, 24 juillet 1967.

[46]. A. Passeron, «Une explosion d’enthousiasme», Le Monde, 26 juillet 1967.

[47]. «En s’écriant “Vive le Québec libre”, de Gaulle s’est permis une ingérence inexcusable dans les affaires intérieures au Canada», Le Méridional, 26 juillet 1967.

[48]. Le Provençal, éditions du 26 juillet 1967 et du 28 juillet 1967.

[49]. F. Carreras, «Du triomphe à l’échec», Midi Libre, 27 juillet 1967.

[50]. A. Guérin, «L’hégémonie américaine est la phobie de De Gaulle», L’Aurore, 25 juillet 1967.

[51]. M. Guérin, «Retour brusqué du général De Gaulle», La Nouvelle République, 27 juillet 1967.

[52]. Y. Moreau, «La feuille d’érable et la fleur de lys», L’Humanité, 26 juillet 1967.

[53]. «La déclaration du Conseil sur le voyage au Canada», Le Méridional, 1er août 1967.

[54]. Sirius, «L’irréalisme d’une “Realpolitik”», Le Monde, 2 août 1967.

[55]. P. Masset, «Face à l’avenir», Midi Libre, 2 octobre 1967.

[56]. J. Tainturier, «L’Exposition de Montréal a fermé ses portes dimanche», Le Monde, 31 octobre 1967.