L’immigration au Québec dans un contexte de sous-fécondité chronique: un rendez-vous manqué dans le rapport Bouchard-Taylor

Michel Paillé
Démographe
Québec

Gérard Bouchard et Charles Taylor, Fonder l’avenir. Le temps de la réconciliation, Rapport, Québec, Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles, 2008, 307 pages.

En 1990, M. Gérard Bouchard cherchait «comment faire cohabiter le pluralisme ethnique et culturel dans un même espace socio-politique». Il croyait alors devoir insister «sur le rôle peut-être décisif que les facteurs démographiques semblent devoir jouer»[1] en la matière. Or dans le rapport Bouchard-Taylor (RBT), le substrat démographique ne joue pas ce rôle, au contraire.

Réduction rapide, puis effondrement de la fécondité

S’il est une dimension très importante de l’histoire récente du Québec, c’est bien celle, et n’ayons pas peur des mots, de l’effondrement de sa fécondité. On fait généralement bon marché de cet aspect de notre histoire pour la simple raison que nous ne sommes pas les seuls.

Le baby-boom postérieur à la Deuxième Guerre mondiale a porté l’«indice synthétique de fécondité» (ISF) à un sommet de 4 enfants par femme (1957). Par la suite, l’ISF s’est réduit de moitié en moins de 15 ans. Dès 1970, il touchait le seuil de remplacement des générations, soit 2,1 enfants par femme. Rien de dramatique jusque-là, car la population québécoise se serait tout de même renouvelée. Le vieillissement n’aurait pas été trop rapide, ni trop prononcé, et l’immigration aurait pu assurer une croissance démographique soutenue.

Les quatre décennies suivantes allaient toutefois modifier nos perspectives d’avenir, faisant du Québec une société marquée par une sous-fécondité profonde et chronique. Profonde, car dès le milieu des années 1970, l’ISF glissait sous 1,75 enfant, plongeant même jusqu’à 1,36 enfant en 1987. Chronique, car en dépit de quelques soubresauts (1990-1996[2] et 2006-2008[3]), cet indice n’est jamais remonté au-dessus de 1,74 enfant. Pendant plus de 30 ans, il se situait à 1,55 enfant en moyenne[4].

À propos de la Révolution tranquille, MM. Bouchard et Taylor rappellent la création du ministère de l’Immigration (1968). Ils soulignent que «la prise de conscience de l’immigration […] faisait naître une crainte» (RBT, p. 116) chez les Canadiens-français devenus Québécois. Cette crainte n’est associée qu’aux immigrants dont la grande majorité, à l’époque, s’anglicisait. Rien sur l’état démographique de la population d’accueil.

Or la chute de la fécondité s’observait déjà depuis une décennie, menaçant de rompre ce que l’on appelait «l’équilibre linguistique»: d’une part, la sur-fécondité légendaire des francophones catholiques du Québec, d’autre part, une minorité anglophone qui pouvait compter sur l’anglicisation de la plupart des immigrants. On sait pourtant que la perte de l’avantage d’une fécondité plus élevée a poussé la majorité francophone à s’intéresser à l’immigration[5], domaine abandonné jusque-là au gouvernement fédéral[6].

Suffisait-il de recourir à l’immigration internationale pour assurer notre avenir démographique? Suffisait-il de légiférer dans les années 1970 en matière linguistique pour assurer la pérennité de la majorité francophone au Québec? Je réponds non à ces deux questions même si un large segment de la société québécoise en a fait des panacées. C’est le cas de MM. Bouchard et Taylor: «En quoi l’héritage canadien-français [sic] se trouverait-il menacé, compte tenu […] de l’effectif démographique et […] des protections qu’offre la loi 101?» (RBT, 212).

La charnière de la Révolution tranquille

Un passé rassurant

Pendant plusieurs décennies, les Québécois ont cru à la «revanche des berceaux», ainsi appelée en 1918 par le père Louis Lalande dans L’Action française[7]. Fort peu moralisateur, ce jésuite énonçait une pensée populationniste pour assurer notre pérennité par le nombre, allant bien au-delà d’une pâle «survivance». Citant un poète américain, il énonce un axiome: «The hand that rocks the cradle rules the world»[8].

Ainsi, nos familles nombreuses ont pu contenir les «Loyalistes anglo-saxons» le long de la frontière américaine, évitant leur progression jusqu’au fleuve[9]. À la frontière ouest, les familles nombreuses de la colonisation des Pays d’en Haut ont fait de l’Outaouais «une ligne de démarcation entre deux races»[10]. Débordant en Ontario, elles ont suscité l’inquiétude du Canada anglais[11] plutôt que celle du Québec. Très optimiste, Louis Lalande estimait à 15 millions, le nombre de francophones au Canada à la fin du XXe siècle[12].

Les propos du père Lalande se placent dans l’idéologie du Québec rural qui a permis «de rivaliser avec les Anglais»[13] pendant 50 ans. Des générations de Canadiens-français, comme on disait à l’époque, y ont mis toutes leurs espérances?[14] Cette idéologie donnait confiance en l’avenir.

Un avenir inquiétant 

Depuis trois ou quatre décennies, notre démographie n’est pas rassurante. Il y a vingt ans, Jacques Henripin calculait qu’un ISF de 1,6 enfant conduisait à une réduction de la population entre deux générations (25 à 30 ans) de 23 %[15]. Les projections de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) montrent une diminution de la population dans les années 2030, ce que MM. Bouchard et Taylor reconnaissent (RBT, 222). Le Québec dénombrerait alors un maximum de 8,1 millions d’habitants[16].

Majorité oblige, la régression de la population Québécoise entraînera celle des francophones. En effet, les dernières projections montrent un recul des Québécois s’exprimant en français au foyer dans deux décennies[17]. La baisse aura lieu malgré l’apport des immigrants qui adopteront le français dans leur vie familiale et qui, de ce fait, élèveront leurs enfants en français[18]. Car contrairement à ce que l’on croit, la contribution des mères allophones francisées, bien qu’en hausse, est et restera insuffisante face à une sous-fécondité qui perdure et à une immigration qui n’a jamais été compensatrice[19]. Dans un tel contexte, souhaiter une francisation suffisante des allophones pour faire contrepoids à la sous-fécondité est irréaliste.

Au milieu du siècle dernier, la population du Québec comptait pour près de 29 % de la population canadienne; 50 ans plus tard, cette proportion glissait sous les 24 %[20]. La tendance est si lourde, qu’un glissement jusqu’à 22 % en 2026, voire de 20 % en 2051 est prévu[21].

En somme, de part et d’autre de la Révolution tranquille, un frappant contraste apparaît. Or suffisait-il de remplacer l’oxymoron «revanche des berceaux» par celui de «Révolution tranquille» pour que tout un peuple entrevoit l’avenir avec confiance? Peut-il maintenir cette hypothétique confiance après quarante ans de sous-fécondité?

L’immigration sur fond de sous-fécondité

S’interroger sur l’avenir d’une population qui doit compter sur l’immigration pour atténuer les effets d’une croissance démographique de plus en plus chétive, et éventuellement négative, n’est pas récent. On pourrait remonter aux origines de la révolution industrielle et à la «transition démographique» qui l’a accompagnée, pour constater le caractère universel et ancien de cette préoccupation.

En observant, sur deux siècles, l’histoire démographique de plusieurs sociétés fort dissemblables à plusieurs égards (religion, ethnicité, langue, culture, niveau d’urbanisation, degré d’industrialisation, etc.), Michael S. Teitelbaum et Jay M. Winter ont trouvé des réactions similaires face au recul éventuel des effectifs de leur population, à l’affaiblissement d’une majorité, à la croissance plus rapide de minorités (religieuses, ethniques, linguistiques), etc. Ils l’ont fait dans deux volumes très remarqués, The Fear of Population Decline[22], et A Question of Numbers [23].

Depuis les années 1990, l’immigration internationale est devenue un puissant facteur de transformation susceptible de créer une «inquiétude générale [qui] n’a rien de surprenant» (A Question[24], 278). Teitelbaum et Winter précisent que dans certains segments[25] des populations étudiées «les immigrants, plus qu’une force revigorante de la vie nationale, sont [perçus comme] une menace» pour la population d’accueil. Ils ont observé que «partout dans le monde développé, les formes et les coutumes nationales sont mises à l’épreuve» (A Question, 331) par l’immigration internationale des dernières décennies.

Dès leur premier livre, ils s’exprimaient ainsi:

If absolute immigration numbers are substantial under conditions of slow or negative natural increase, there can be relatively rapid changes in the ethnic, racial, linguistic, or other social characteristics of the population. […] the compositional change caused by the immigration flow itself is heightened by the subsequent differential fertility behaviour, even if (as is typical) the birth rate of high-fertility immigrant groups tends to converge downward over the long run toward the levels of the receiving country (The Fear, p. 111).

En se penchant sur la situation démographique canadienne, ces auteurs trouvent une inspiration dans un discours de Jacques Parizeau (Banff, 1967). Ils le citent ainsi: «Dans le Québec, de plus en plus de gens comprennent désormais que la combinaison d’un taux de natalité rapidement décroissant et de notre inaptitude à intégrer les immigrants présente un grave danger pour la communauté francophone en Amérique du Nord» (A Question, 250).

Le Québec se compare bien à d’autres sociétés

D’ailleurs, MM. Bouchard et Taylor reconnaissent que bien d’autres sociétés[26] cherchent à concilier «de vieilles identités déstabilisées et une diversité ethnoculturelle qui entend faire valoir ses droits» (RBT, p. 42). «[N]otre situation n’est pas insolite, [car nous partageons] des traits communs avec l’ensemble des cultures occidentales» (RBT, p. 190).

Cependant, il va sans dire que le Québec n’est pas rigoureusement comparable à n’importe quelle société. Reconnaissons avec MM. Bouchard et Taylor que l’on ne pourrait «tenir pour acquis que des craintes justifiées ailleurs le seraient forcément ici» (RBT, 190). C’est le cas par exemple de la situation des Russes de religion orthodoxe voisins de Républiques islamistes d’Asie centrale. Tandis que les premiers connaissent une faible fécondité, les seconds ont toujours une fécondité élevée (The Fear, p. 99 et 115). Il n’y a rien au Québec qui ressemble à la récente apparition, dans la Russie d’aujourd’hui, d’un néo-nazisme virulent dirigé contre les musulmans.

Par contre, l’analyse de Teitlebaum et Winter nous interpelle à propos de notre propre situation démographique générale, et plus particulièrement, en ce qui concerne le fait français au Québec, comme dans l’ensemble du Canada. Dans The Fear of Population Decline, ils reconnaissent le Canada comme un pays où l’immigration peut modifier les rapports démographiques entre les deux principaux groupes linguistiques[27]. Peu enclins à adopter le français, les immigrants constituent un facteur susceptible d’affaiblir le groupe minoritaire francophone à l’échelle canadienne[28], groupe déjà affaibli par sa faible fécondité[29].

Rappelons d’ailleurs que le Canada anglais a déjà manifesté quelques craintes face aux immigrants d’Europe de l’Est. Il s’est rasséréné après avoir constaté l’anglicisation de ces immigrants aux «unpronounceable names». Ainsi, par leur anglicisation, ces immigrants mettaient «leur poids du bon côté de la balance dans la concurrence entre les deux Canada»[30].

D’ailleurs, sait-on que notre «revanche des berceaux» n’avait rien d’unique? En effet, le révérend James Marchant de l’Église anglicane, énonçait en 1917, cet axiome qui rappelle celui du père Lalande: «In the difference between the number of coffins and the number of craddles lies the existence and persistence of our Empire» (The Fear, p. 40). Bref, la croissance démographique est capitale, que ce soit pour assurer la pérennité d’un Empire colonial — n’en déplaise à MM. Bouchard et Taylor qui croient le contraire[31] — ou celle d’une colonie au sein du même Empire.

En somme, à la lumière des travaux de Teitelbaum et Winter il m’apparaît que le Québec est une société plutôt normale qui réagit comme bien d’autres, grandes ou petites, dans une conjoncture démographique analogue. Précisons que selon Teitlebaum et Winter, une immigration qui «modifie rapidement la structure culturelle, raciale, linguistique, ou ethnique» d’une société serait plus inquiétante que le recul de la population en nombres absolus (The Fear, p. 150).

L’approche psychologique du rapport Bouchard-Taylor

MM. Bouchard et Taylor font état de quelques «réactions négatives des Québécois canadiens-français [sic]» entendues lors des forums régionaux qu’ils ont tenus. Ces réactions portaient autant sur la religion, la langue et la culture, que sur l’héritage de la Révolution tranquille, la survie de la francophonie québécoise, etc. Ainsi, l’immigrant refuserait de faire le moindre compromis et ne se sentirait concerné ni par le destin, ni par la mémoire du groupe linguistique majoritaire (RBT, p. 67-68). Ailleurs ils rapportent que «les immigrants ne veulent pas s’intégrer», «ne songent qu’à recréer ici la société qu’ils ont quittée» et «vont nous submerger car leur fécondité est très élevée» (RBT, p. 215).

Face à de tels témoignages, MM. Bouchard et Taylor font usage de plus d’une douzaine de termes ou d’expressions[32] expliquant, selon eux, les attitudes et les comportements de la majorité francophone. Des mots comme peur, malaises ou insécurité rappellent ceux que Teitlebaum et Winter appliquent à d’autres sociétés d’hier et d’aujourd’hui. Cependant, des concepts tels la crispation ou le braquage identitaire ne s’y trouvent pas.

Mais au-delà des différences de sémantique, il y a aussi une différence marquante entre le rapport Bouchard-Taylor et les ouvrages de Teitlebaum et Winter. En effet, MM. Bouchard et Taylor affirment que «le doute de soi et la peur de l’Autre, […] sont deux empêcheurs du passé canadien-français» (RBT, p. 212). Selon eux, «l’insécurité du minoritaire» serait «un invariant de la francophonie québécoise avec lequel on doit constamment composer» (RBT, p. 298, en rouge dans le texte).

Comme l’a montré Gilles Bourque[33], il s’agit là d’une «analyse ethnicisante et étroitement psychologique de la crise» des pratiques d’accommodement. Elle fait de l’ethnicité canadienne-française [sic], une essence. Nos attitudes seraient endogènes et hors du temps, ce qui nous distinguerait des sociétés inscrites dans l’histoire étudiées par Teitlebaum et Winter.

L’incontournable rapport naissances/immigrants

Dans l’optique de Teitlebaum et Winter, les faits démographiques bruts parlent d’eux-mêmes. En s’inspirant de leur démarche, on doit considérer ce qui suit.

C’est une chose d’avoir accueilli en moyenne 27 200 immigrants par année entre 1954 et 1963 alors que les naissances annuelles moyennes tournaient autour de 140 000[34] bébés, pour un rapport de 5 naissances pour un immigrant[35]. C’est un tout autre défi que d’espérer intégrer 55 000 immigrants en 2010[36] alors que l’on s’attend à 74 000 naissances par année en moyenne. Le rapport naissances/immigrants ne sera plus alors que de 4 naissances pour 3 immigrants que l’on espère toujours intégrer à une majorité francophone qui régresse.

Puisque l’Île de Montréal accueille plus de 7 immigrants sur 10, il faut noter que depuis l’an 2000, la métropole du Québec reçoit chaque année plus d’immigrants qu’elle ne compte de naissances attribuées à ses résidentes. Or parmi les bébés mis au monde par les Montréalaises, une fraction de plus en plus grande provient justement d’immigrantes non encore intégrées, voire non encore francisées, tout simplement parce que leur insertion est trop récente et parce que les moyens déployés pour leur francisation sont nettement insuffisants[37].

La conjoncture démographique québécoise qui nous marque depuis quelques décennies montre une poursuite du déclin de la majorité francophone dans la métropole. Les dernières projections démographiques selon la langue parlée le plus souvent à la maison donnent des proportions allant de 46,4 % à 50,3 %[38]. Considérer les allophones comme un groupe éphémère dans l’espoir qu’un jour ils auront pour la plupart adopté le français, relève de l’utopie[39]. De même pour notre politique de régionalisation de l’immigration. Même si elle devait un jour réussir bien au-delà des espérances de MM. Bouchard et Taylor (RBT, p. 230-231), il entrera toujours assez d’immigrants de langues tierces à Montréal pour y assurer la croissance de la population allophone.

Bref, faits et projections démographiques sont bien réels, plutôt qu’imaginaires (RBT, p. 242), et importants, plutôt que triviaux (RBT, p. 216). Ils susciteraient normalement de l’inquiétude au sein de tous groupes humains. Ils ont déjà fait entrer le Québec sous un régime démographique que l’on pourrait qualifier de peau de chagrin. Je le dis sans détour, sachant très bien que dans le rapport Bouchard-Taylor, la peau de chagrin est associée à une attitude — «céder au parti de la peur, à la tentation du retrait et [du repli ouvrant] sur un avenir sans horizon» (RBT, p. 216) — plutôt qu’à une réalité toute crue.


[1] Gérard Bouchard, «Les rapports entre l’individu, la société et l’État dans un contexte pluriethnique: à la recherche d’un modèle», L’Action nationale, vol. LXXX, no. 8, octobre 1990, p. 1047-1048.

[2] Durant ces années, l’ISF est remonté au-dessus de 1,6 enfant (sommet de 1,67 en 1992).

[3] L’ISF n’a été que de 1,62 et 1,65 enfant en 2006 et 2007 respectivement; on estime que la hausse devrait se poursuivre en 2008 (entre 2 % et 3 % de plus qu’en 2007); Chantal Girard, Le bilan démographique du Québec. Édition 2008. Démographie, Québec, ISQ, décembre 2008.

[4] Moyenne non pondérée des années 1976 à 2007 calculée dans un but heuristique.

[5] Jacques Henripin, «L’immigration et le déséquilibre linguistique», Ottawa, Information Canada, 1974, 44 p.

[6] La loi constitutionnelle de 1867 faisait de l’immigration un pouvoir partagé entre le gouvernement fédéral et celui de chaque province.

[7] Louis Lalande, «La revanche des berceaux», L’Action française, vol. II, no. 3, p. 98.

[8] Ibid., p. 100.

[9] Ibid., p. 102.

[10] Ibid., p. 104.

[11] Le duc de Connaugh, Gouverneur général du Canada à cette époque (1911-1916), réclamait «une immigration exclusivement britannique pour combattre la natalité canadienne-française»: dans Michel Brunet, Québec Canada anglais, deux itinéraires, un affrontement, Montréal, HMH, 1968, p. 215.

[12] Louis Lalande, loc. cit., p. 108. Au recensement de 2001, on a dénombré au Canada moins de 7 millions de personnes de langue maternelle française.

[13] Marc-Adélard Tremblay, L’idéologie du Québec rural, Saguenay, Les classiques des sciences sociales, 2006, p. 20-22.

[14] À l’école primaire, dans les années 1950, mes instituteurs répandaient encore ce mythe avec conviction.

[15] Jacques Henripin, «Une population vieillissante et menacée d’anémie», L’Action nationale, vol. LXXIX, no. 6, juin 1989, p. 664.

[16] ISQ, Population et composantes démographiques projetées, Québec, scénario A de référence. Perspectives démographiques, Québec et régions, 2001-2051, édition 2003.

[17] Marc Termote, Nouvelles perspectives démolinguistiques du Québec et de la région de Montréal, 2001-2051, Québec, OQLF, collection «Suivi de la situation linguistique», étude 8, 2008, p. 131.

[18] Michel Paillé, «Un progrès continu. Nous assistons bel et bien à une progression de la vitalité du français au Québec», La Presse, 29 février 2008, p. A17.

[19] En 2006, «bien que la contribution des mères allophones francisées ajoutait près de 2 800 bébés (4,5 %), il en manquait toujours un peu plus de 3 000 […] pour assurer aux francophones leur quote-part»; ibid.

[20] ISQ, Population, accroissement quinquennal et répartition, Canada et provinces, 1951-2007.

[21] Marc Termote, op. cit., p. 98 (scénario de référence).

[22] Michael S. Teitelbaum et Jay M. Winter, The Fear of Population Decline, San Diego, Academic Press/Harcourt Brace Jovanovich, 1985, 201 p.; Teitelbaum est un démographe américain, Winter un historien britannique.

[23] Michael S. Teitelbaum et Jay M. Winter, A Question of Numbers: High Migration, Low Fertility, and the Politics of National Identity, New York, Hill and Wang, 1998, 290 p.

[24] Nos références à ce livre renvoient à la traduction française: Une bombe à retardement? Migrations, fécondité, identité nationale à l’aube du XXIe siècle, Paris, Calmann-Lévy, 2001, 366 p.

[25] Ce ne sont jamais toutes les populations qui sont concernées. Dans le cas particulier des populations confrontées à l’Islam, Teitlebaum et Winter précisent que les craintes ne sont dues qu’à «un très petit nombre de fondamentalistes» (A Question, p. 321).

[26] Grande-Bretagne, Pays-Bas, Danemark, Norvège, France, Allemagne, Belgique, Autriche, Australie, États-Unis et le Canada (RBT, p. 42).

[27] «In Canada, there are evident concerns about the balance between the two major linguistic groups», The Fear, p. 136.

[28] «[…] increasing immigration to compensate for low Canadian fertility presents the difficulty that in the past immigrants have resisted adoption of the French Language», ibid.

[29] D’après les projections de Termote (op. cit.), on peut calculer que la population francophone de tout le Canada pourrait ne jamais dépasser 8 millions de personnes. Voir: Michel Paillé, «À quand 8 millions de francophones au Canada?», Impératif français, 24 septembre, 2008.

[30] Guy Bouthillier, L’obsession ethnique, Montréal, Lanctôt Éditeur, 1997, p. 37-56. Malgré tout, le Reform Party nouvellement apparu, proposait au début des années 1990, de réduire de moitié l’immigration internationale à destination du Canada (A Question, p. 252-253).

[31] Selon eux, les «nations impériales» seraient pourvues d’une assurance quant à leur avenir, ce qui ne seraient pas le cas des «petites nations minoritaires», RBT, p. 243!

[32] Peur, insécurité, incompréhension, angoisse, émoi, émotion, émotivité irrationnelle, inquiétudes identitaires, malaises, frustrations, crispation, braquage identitaire.

[33] Gilles Bourque, «L’insécurité d’un groupe ethnique», Le Devoir, 31 juillet 2008, p. A6.

[34] Sur une base décennale, la période 1954-1963 donne la plus forte moyenne annuelle de naissances.

[35] Sans compter que la majorité des immigrants adoptait alors l’anglais.

[36] Le gouvernement du Québec prévoit 55 000 immigrants en 2010. Les motifs invoqués pour un tel objectif, notamment les besoins en main-d’œuvre, devraient conduire à des hausses au-delà de 2010.

[37] Michel Paillé, «L’incontournable francisation des immigrants adultes», L’Action nationale, vol. XCVIII, no. 9 et 10, novembre-décembre 2008, p. 36-43.

[38] Marc Termote, op. cit., p. 145.

[39] Ibid., p. 95-96.